Mohamed B. lui propose alors du travail, en échange d'un hébergement. Christian accepte. Pour tout salaire, il touche alors 50 francs par jour.Mais il s'en contente, et ne se plaint pas. Aujourd'hui encore, il refuse d'accabler ceux qui l'ont ainsi exploité : "la patronne est gentille, elle me donne parfois un bout de fromage". D'ailleurs, bons princes, Mohamed B. et sa compagne lui avaient promis de l'emmener avec eux en Tunisie, à l'heure de la retraite.Lors du passage à l'euro, le salaire de 50 francs décroît encore : il passe à 5 euros. Mais Christian ne proteste pas davantage. Il faudra attendre l'incendie de l'atelier, et l'intervention de la police lyonnaise, pour que son esclavage prenne fin et que son "employeur" soit poursuivi. Il devra répondre "d'atteinte à la dignité de la personne humaine". Il est par ailleurs soupçonné de tentative d'escroquerie à l'assurance et de destruction d'un bien par incendie, à la suite du sinistre qui a ravagé son atelier. Et il a également été mis en examen pour travail dissimulé, l'Urssaf ayant constaté que toutes les heures des "vrais" salariés de l'atelier n'avaient pas été déclarées. Quant à Christian, il a reçu un hébergement, de quoi se nourrir et de quoi se vêtir de la part d'une association qui l'a pris en charge.
